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Une biographie à découvrir

   Si je participe au regain d’intérêt pour celui que René Godenne nomme le « gentilhomme universel » et à qui Marc Fumaroli entend rendre « sa place et son vrai rôle dans l’histoire de l’art », ce n’est pas pour porter un jugement sur l’œuvre artistique et le rôle indéniable du comte de Caylus, mais pour conter plus modestement l’histoire d’une passion, l’histoire d’un homme libre.
   Passionné, Caylus, le fut au point de tout sacrifier à son amour de l’Art, de l’Antiquité et des antiquités. C’était un bon graveur, ami de Watteau, qui popularisa les dessins des maîtres, un fervent collectionneur, doublé d’un mécène généreux, renommé dans toute l’Europe.
   Libre, l’auteur du Recueil d’Antiquités le fut assez pour ne pas suivre la voie que ses origines nobiliaires lui traçaient, assez pour s’intéresser non seulement aux artistes mais au peuple qui l’inspira lorsque, quittant le crayon et le burin, il se mêlait de prendre la plume pour s’exercer à autre chose que le dessin et la gravure. Libre, il le fut toute sa vie par sa distance vis-à-vis des événements politiques – qui, cependant, servent de toile de fond à cet ouvrage – et jusque dans la mort en refusant les services imposés par la religion dont il avait perçu toute l’hypocrisie dès sa prime jeunesse.
 Dans une excellente biographie (Essai sur le comte de Caylus. L’homme. L’artiste, Paris, Hachette, 1889), Samuel Rocheblave ne s’était pas contenté de montrer comment et pourquoi le comte de Caylus a laissé une trace légitime dans l’histoire de l’art et de l’archéologie au XVIIIe siècle, il a prouvé que l’homme vaut encore mieux que sa renommée. Cet  essai que l’on pourrait considérer comme définitif car l’auteur avait mené une enquête des plus approfondies a éveillé ma curiosité. À mon tour et à ma manière, j'essaie de saisir la réalité de ce personnage qui, sans renier l’ordre social de son temps, ne fut ni un homme de pouvoir ni un homme d’intrigue. Bien que le cadre historique soit suffisamment évocateur, je ne retrace pas l’histoire intime de l’ancienne société française dans son ensemble, mais bien celle d’une personnalité particulière.
  Je propose au lecteur de passer un moment en compagnie d’un graveur et antiquaire amoureux des arts, d’un esprit rationnel, d’un homme amoureux de l’amour, aux nombreuses conquêtes féminines, mais qui resta célibataire en demeurant fidèle à ses ami(e)s, fidèle à lui-même.

 

Pour voir la quatrième …

 

 

 

 

Sommaire

I. Mère et fils IV. La vie de société

La fin d'un siècle
Les soucis d'une mère

Mademoiselle Quinault
La société du Bout-du-banc
II. Horizons antiques V. L'artiste et l'amateur
Le voyage en Italie […]
Jusqu'à la Porte ottomane
La vie académique
Eloges et critiques
L'artiste
Un fervent collectionneur
III. Influences décisives VI. La passion de l'archéologie
Les années Watteau
Le deuil
Voyage par intérim […]
Les échanges avec le père Paciaudi
  VII. Jusqu'au dernier jour

 

A voir dans le menu, des textes pour la plupart inédits, des curiosités…
Vos suggestions ou questions seront les bienvenues.

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